Ce samedi 5 septembre, lors des journées de commémorations de la Résistance, nous nous sommes réunis au Monument National du Maquisard Inconnu afin de rendre hommage à tous ces militaires et civils qui ont participé à la libération de notre pays. Par leur courage, leur engagement et leur sacrifice face à la barbarie nazie, ils ont contribué à chasser l’envahisseur et à rendre à notre peuple sa liberté. Ce mémorial, unique en Belgique, est chargé d’une histoire profondément émouvante. Son emplacement n’a pas été choisi au hasard. Les archives de l’Armée Secrète révèlent qu’en septembre 1944, au moment de la Libération, plus de 180 personnes furent cachées dans notre région et prises en charge par les maquisards. Parmi elles figuraient des pilotes alliés, des résistants hollandais, français et luxembourgeois, des réfractaires au travail obligatoire ainsi que des Juifs polonais et russes qui confièrent leur survie à nos résistants.
Le 29 mai 1949 fut inauguré ce monument élevé à la gloire du maquis et de la Résistance belge. À son pied repose une urne sacrée contenant les cendres d’un maquisard inconnu, symbole de tous ceux qui ont combattu dans l’ombre.
Dans la soirée du 28 mai 1949, l’urne fut acheminée depuis Bruxelles par des officiers militaires et des représentants du ministère de l’Intérieur jusqu’au carrefour de Hautregard, où elle fut remise au bourgmestre de l’époque, Monsieur Drèze. Une pluie fine tombait alors sur la région, ajoutant à la cérémonie une émotion particulière. Drapée des couleurs nationales, l’urne fut conduite jusqu’au lieu-dit « Les Combles », entre La Reid et Spa. Elle fut ensuite déposée dans un refuge forestier où elle veilla toute la nuit. Gendarmes, gardes forestiers et anciens maquisards se relayèrent heure après heure auprès de ce compagnon de combat.
Le lendemain, après une messe célébrée par l’abbé Ivan Voisin et une réception organisée chez les sœurs Fontaine, résistantes de la première heure, un impressionnant cortège se forma en direction du monument. À l’entrée de l’enclos, des chars d’assaut du 1er Régiment d’Artillerie de Spa montaient une garde silencieuse.
Autour du mémorial, la musique de la Force aérienne accueillit les nombreuses personnalités présentes : ministres d’État, sénateurs, bourgmestres, généraux, représentants des associations patriotiques, délégations françaises et britanniques, anciens résistants ainsi que des milliers de citoyens venus accomplir leur devoir de mémoire.
L’urne fut alors définitivement scellée. La sonnerie aux morts retentit dans le silence de la forêt ardennaise. Après les discours officiels, dont celui du bourgmestre Drèze qui s’engagea à assurer la préservation du monument, les hymnes des nations alliées furent joués avant qu’une salve d’artillerie ne résonne au loin.
La journée se poursuivit par un long défilé de personnalités et de pèlerins venus témoigner leur reconnaissance à ceux qui avaient combattu pour la liberté.
Il était juste que ce « grand soldat sans uniforme » repose ici, dans le calme et la dignité de notre Ardenne. Ayons également une pensée pour Jean Deby, secrétaire communal et chef de groupe au sein du maquis, dont l’action fut déterminante dans la création de ce mémorial.
Aujourd’hui encore, lorsque nous nous recueillons devant ce monument, nous mesurons l’ampleur du sacrifice consenti par ces femmes et ces hommes. Leur mémoire demeure vivante et continue d’inspirer les générations présentes et futures.
Ne jamais oublier!







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